Cette page est dédiée à ma recherche. Elle rassemble des liens vers des publications, des articles, des articles de mon blog de recherche et d’autres contenus en ligne, ainsi que les dates des prochaines conférences et rencontres, mis à jour au fil de l’avancée du projet.






Synopsis,     Cette recherche-création investit les histoires matérielles, économiques et environnementales inscrites dans les émaux céramiques. Elle s’intéresse aux oxydes métalliques qui colorent les émaux, comme le nickel, le cobalt ou le cadmium, et cherche à retracer leur circulation depuis les sites d’extraction jusqu’aux chaînes d’approvisionnement, aux ateliers et aux collections muséales, tout en documentant les risques sociaux, sanitaires et environnementaux qu’ils comportent à chaque étape, de la mine au four jusqu’à leur élimination éventuelle.

En abordant les surfaces émaillées comme des témoins matériels et en s’appuyant sur la notion de material witnessing (Susan Schuppli), le projet repose sur une méthode associant recherche d’archives, analyse d’objets céramiques issus de collections institutionnelles et entretiens avec des céramistes, des fournisseurs de matières premières, des chimistes, des restaurateurs et des associations locales. L’approche se veut qualitative et interdisciplinaire, à la croisée de la céramologie, de l’histoire des techniques et de l’écologie politique.

En parallèle, le projet explore différentes alternatives non toxiques et peu extractives. Son principal axe d’expérimentation est la terre sigillée, une technique attestée depuis l’Antiquité, qui consiste à défloculer l’argile jusqu’à séparation de ses particules les plus fines appliquées pour obtenir une surface dense et brillante sans émail. Une première série de cinq sigillées a été mise au point, suivie de cinq déclinaisons sur porcelaine lors d’une résidence à Jingdezhen, en Chine, en collaboration avec l’Institut français et les Manufactures nationales. L’objectif à long terme est une palette de sigillées issues d’argiles locales, sans ajout d’oxydes industriels. Un second axe porte sur des émaux de cendres et d’argiles sauvages formulés pour exclure les éléments dangereux. Parmi les premiers résultats figurent un émail à la cendre de rosier et à l’oxyde de fer, ainsi qu’une série d’émaux à la cendre de balle de riz et de ricin.

Cette recherche se construit actuellement dans le cadre d’un diplôme inter-universitaire (DIU) EurArtec, en préparation d’un doctorat en recherche-création.